L'incendie du Bazar de la Charité : visites et conférences pour les journées du patrimoine 2020

Les  journées du patrimoine

Le mémorial du Bazar de la Charité est ouvert à l'occasion des journées du patrimoine 2020 :

  • Samedi 19 septembre 2020 de 13 heures 30 à 17 heures 30
  • Dimanche 20 septembre 2020 de 13 heures 30 à 17 heures 30
  • L'association assure quatre visites conférences du Mémorial du Bazar de la Charité pour évoquer l'incendie du 4 mai 1897 et ses victimes.

    Les visites conférences ont lieu :

  • samedi 19 septembre : à 14 heures et à 16 heures
  • dimanche 20 septembre : à 14 heures et à 16 heures.
  • Tarif spécial JEP 2020 : 5€ par personne.

    Lors des visites, sont retracés l'histoire des œuvres caritatives auxquelles se dévouaient les victimes, les causes et le déroulement du drame. Sont également évoquées les victimes, parmi lesquelles figurait la duchesse d'Alençon, sœur de Sissi.

    Ce qu'il faut savoir:
    La chapelle de style néo-classique et le chemin de croix mémorial installé dans le cloître, ont été construits à l'emplacement de l'incendie du Bazar de la Charité. Parmi les victimes, des personnes illustres comme la Duchesse d'Alençon, sœur de Sissi, mais aussi de très modestes personnes, qui sans ce monument seraient oubliées.

    Le monument appartient à l'association Mémorial du Bazar de la Charité, composée de descendants des victimes de l'incendie du 4 mai 1897.

    Rendez-vous : Notre Dame de Consolation 23 rue Jean Goujon 75008 Paris (Plan d'accès)



    Les hommes au Bazar de la Charité : une de ces fake news qui ont la vie dure

    Les Hommes au Bazar de la Charité
    Le Bazar de la Charité

    Dès les lendemains du grand incendie qui enflamma Paris le 4 mai 1897, la journaliste Séverine posa la question dans l’écho de Paris du 14 : « Qu’ont fait les hommes ? » et jeta un grand soupçon sur la gente masculine qui aurait détalé ce jour-là – pire – qui se serait frayée un passage à coup de cannes pour avoir la vie sauve. Et les chiffres étaient brandis à l’appui : Sept hommes sur cent vingt-cinq victimes, cela faisait évidemment très peu ! Le constat était accablant. Les esprits moqueurs s’en sont donné à cœur joie. Les milieux que la noblesse ou la bourgeoisie insupportaient se sont saisis du raccourci et, de fil en aiguille, il est devenu une réalité historique.

    Aussi simpliste soit-elle, une telle conclusion consisterait à déduire, de façon très déterministe, que les femmes seraient courageuses en voyant le jour tandis que les hommes naitraient pleutres. Oubliant les champs de bataille de Bouvines et de Castillon, ils auraient troqué la noblesse pour la lâcheté. Ce qui est plus compliqué à comprendre, c’est que, dans d’autres catastrophes, depuis le Titanic jusqu’au Bataclan, il ne semble pas que les femmes eussent été plus nombreuses parmi les victimes. Par ailleurs, parmi les sauveteurs qui furent décorés après la catastrophe du Bazar de la Charité, le ratio est proportionnellement inversé. Faudrait-il pour autant imaginer que les femmes ne savent pas voler au secours de leurs proches ? évidemment non. Ces derniers étaient, pour l’essentiel des hommes travaillant à proximité dans des établissements embauchant peu de femmes

    Les sauveurs

    Les proportions entre hommes et femmes présents le 4 mai 1897 sont connues par les rapports de police comme par les études de plusieurs journaux s’appuyant sur les témoignages dans les jours qui ont suivi la tragédie. Ils estiment entre quarante et cinquante le nombre d’hommes pour une foule comptant entre mille deux cent et mille cinq cent personnes. Rien de bien anormal puisque nous étions un mardi. Les messieurs vaquaient à leurs occupations tandis que les œuvres de bienfaisance étaient essentiellement animées par leurs épouses et leurs filles. Nous disposons par exemple des noms des responsables des vingt comptoirs qui exposaient le 4 mai. Il n’y a qu’un seul homme, le baron de Schickler, contre dix-neuf femmes. On sait d’ailleurs par plusieurs témoignages que ce dernier s’était absenté dix minutes avant l’incendie pour raccompagner le nonce apostolique. Par ailleurs, le Bazar de la Charité se tenait pendant près d'un mois et les stands étaient occupés, selon les jours, par des œuvres différentes. Nous conservons également les noms des 155 responsables qui devaient se succéder derrière les comptoirs. Or, on ne compte que 6 hommes parmi eux. Tous les autres étaient des femmes.

    La fenêtre du palais

    Sans doute la violence de l’évènement a-t-elle fait perdre la raison à des personnes prisonnières des flammes et quelques cas d’hystérie furent à relever. Ils touchèrent d’ailleurs des personnes des deux sexes. Derrière le Bazar, une sortie de secours fut improvisée par deux employés de l’hôtel du Palais qui décelèrent les barreaux d’une fenêtre de leur établissement donnant sur le terrain vague. Après de multiples supplications adressées à une femme que la raison avait quittée et qui s’ingéniait à s’accrocher aux barreaux, le cuisinier et son apprenti durent donner des coups de marteaux sur les mains de cette dernière s’ils voulaient sauver la vie de centaines d’autres personnes.

    C’est le lot de toute catastrophe qui allie, au-delà des genres, l’héroïsme et l’inconscience dans la précipitation que nul ne peut prévoir. D’ailleurs, qui pourrait affirmer comment il agirait s’il était léché de toutes parts par les flammes ?

    Article du Loiret