Le mémorial du Bazar de la Charité

La chapelle, le chemin de croix et le couvent, œuvres de l'architecte Albert Guilbert, ont été construits à l'emplacement même où s'était tenu le Bazar de la Charité. Dans la chapelle, comme dans le chemin de croix, l'artiste s'est appliqué à unir aux souvenirs de deuil des pensées d’espérance, d'éternité et de gloire.


L’extérieur de la Chapelle

On peut lire sur la façade :

4 mai 1897
à NOTRE-DAME-DE-CONSOLATION
Ne vous attristez pas comme ceux qui n'ont pas d’espérance

Les deux ailes du monument, enveloppant le double escalier qui conduit aux portes de la chapelle, sont ornées de colonnes encadrant les statues de la Foi et de la Charité. Le dôme est surmonté d'une statue dorée de la Vierge montrant le ciel et symbolisant l'Espérance.


L’intérieur de la Chapelle

La composition a été inspirée par la double pensée de la Mort et de la Résurrection. Le vaisseau de la chapelle repose sur huit colonnes de marbre de Cipolin du Valais. Entre ces colonnes sont placées de grandes urnes ornées de médaillons représentant les œuvres de Miséricorde.

La table de communion et le maître autel sont des œuvres majeures de décoration religieuse. Les corniches de l'entablement des colonnes portent chacune un enfant entouré d'attributs symboliques rappelant le destin, la Mort, l'Espérance et la Résurrection.

L'encadrement de la coupole est décoré de compositions architecturales au centre desquelles sont représentées, en camaïeu, les figures de quatre grands héros de la charité : saint Vincent de Paul, sainte Élisabeth de Hongrie, saint Jean de Dieu, sainte Jeanne de Chantal.

À droite et à gauche les vitraux représentant l'un une Piéta, l'autre une Assomption, sont l'œuvre d'Henri Carot.


La coupole

Une coupole lumineuse (œuvre d'Albert Maignan) couronne l'édifice.

La lumière y arrive par de grandes baies habilement dissimulées. Au centre, le Christ, dans sa gloire, accueille les martyrs de la charité. La Vierge les précède en les conduisant. Parmi elles on peut reconnaître la duchesse d'Alençon, madame de Valence et ses deux filles, madame Hoskier, madame Roland-Gosselin, la baronne de Saint-Didier, Esther Cuvillier, âgée de quatre ans seulement...

Saint Vincent de Paul vient au devant de ses filles agenouillées ayant auprès d'elles une jeune orpheline et deux sœurs aveugles de Saint Paul, éblouies par les clartés célestes entrevues.


L'autre partie de la coupole est occupée par les instruments de la Passion, devenus symboles de triomphe. Enfin un groupe isolé représente les trois vertus théologales : La Foi élève le ciboire, l'Espérance prie dans un élan de confiance et la Charité, entourée de deux enfants, écrit les noms des victimes dans le livre qui immortalise leur mémoire.


Le chemin de croix

À droite et à gauche de la chapelle on peut voir deux annexes ornées toutes les deux de figures en haut-relief pleurant sur un tombeau (œuvres de Hiolin). Elles donnent accès aux vestibules précédant le chemin de croix. Là ont été placés deux triptyques de marbre noir, déclinant par ordre alphabétique les noms des victimes.

Le vestibule de gauche est orné d'un très beau monument en marbre représentant un Christ au tombeau, Ĺ“uvre d'une école italienne. Il a été offert en ex-voto par deux rescapées.

Le chemin de croix constitue les trois côtés d'une cour intérieure dont la chapelle ferme l'enceinte.

Les quatorze stations consistent en un bas-relief de cuivre argenté (œuvre de Poussielgue Rusan), entouré de colonnes doriques en granit dit du Labrador. Sous chaque bas-relief a été installé un cénotaphe, offert par une famille. L'un d'entre eux, notamment, représente la duchesse d'Alençon.

La richesse et la beauté de la décoration font de ce lieu un des chefs-d'œuvre de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

Le site est la propriété de l'Association du Mémorial du Bazar de la Charité, composée des descendants des victimes. De 1900 à 1953, les bâtiments ont été habités par les Soeurs auxiliatrice du Purgatoire. De 1953 à 2013, ils furent confiés aux Missionnaires de Saint-Charles-Borromée (Mission catholique italienne à Paris) et, depuis cette date, aux prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.